Journal à l'humeur qui fait des vagues, comme l'océan et ses marées...
Appel de Bamako
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
En marge du 23ème Sommet Afrique France des Chefs d'Etat
et de Gouvernements des 3 et 4 décembre 2005,
la Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement (CAD-Mali)
a organisé à Bamako du 30 novembre au 4 décembre
un Sommet Alternatif Citoyen Afrique France
---------------------
Source / liens relatifs :
http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=520
version rtf telechargeable :
http://www.survie-france.org/IMG/rtf/Appel_de_Bamako.rtf
http://www.cadmali.org/contresommet/
=====================================================
Déclaration
1er décembre 2005
Du 30 novembre au 1er décembre 2005
s'est tenu à la Maison des Jeunes de Bamako (Mali),
le Sommet alternatif citoyen Afrique France en réplique
au 23ème Sommet Afrique France, vitrine du néo-colonialisme français.
Cet événement inédit en Afrique a réuni plus de 200 participants
venant de 12 pays d'Afrique et du reste du monde, représentant par
délégation plus d'une centaine d'organisations de la société civile.
Au cours des travaux, le Sommet s'est penché sur les thèmes
relatifs aux principaux maux qui minent l'Afrique :
dictatures, dette odieuse, corruption, échange inégal,
violations massives des droits de l'homme, impunité, pillages.
45 ans de coopération et 22 Sommets France Afrique
n'ont apporté aucun remède à ces maux.
Le Sommet alternatif citoyen Afrique France constate au contraire
que la coopération françafricaine n'a servi que les intérêts économiques
et politiques des seuls dirigeants français et africains,
au mépris des peuples qu'ils sont censés représenter.
En cette année 2005, la France a validé le coup d'état électoral
de Faure Gnassingbé Eyadéma au Togo et poursuivi un jeu trouble en Côte
d'Ivoire.
Elle soutient le régime agonisant d'Idriss Déby au Tchad
et les pouvoirs dictatoriaux de Paul Biya au Cameroun,
Denis Sassou N'Guesso au Congo et tant d'autres accueillis aujourd'hui à
Bamako avec une débauche de moyens insultant la misère de leurs peuples.
Et ce n'est pas le nouvel habillage européen et multilatéral
auquel la France essaye de faire croire qui changera la nature du système
dont la logique conduit à la pauvreté, à la désespérance,
et par ricochet à l'exode et l'émigration forcée des jeunes...
Les participants au Sommet alternatif citoyen se sont indignés
des politiques de répression et de stigmatisation des populations
immigrées ou d'origine immigrée, reflet d'un passé colonial mal assumé
et d'un présent néo-colonial occulté.
Constatant l'échec de ces politiques et le refus de dialogue des
participants au Sommet officiel, le Sommet alternatif a décidé de relayer
les aspirations de la masse des citoyens, d'organiser les réseaux
internationaux associatifs qui les mobilisent pour permettre à leurs
résistances de se construire, de mener des actions pour exprimer leur
révolte et obtenir des transformations radicales avec les peuples et pour
les peuples.
Cela requiert de notre part :
- d'opérer un vaste programme d'éducation à la citoyenneté ;
- de favoriser le décloisonnement et la solidarité des luttes nationales,
régionales et internationales ;
- de créer un réseau d'information et de mobilisation internationale ;
- de travailler conjointement pour la mise en place de mécanismes de lutte
contre l'impunité des crimes politiques (justice pénale internationale,
compétence universelle) et économiques (audit de la dette, nouvelles
règles du commerce international, transparence des industries extractives,
etc.)
- d'exiger la libre circulation des personnes.
Pour ne pas répondre aux discours vides par d'autres discours sans effet,
les participants au Sommet alternatif s'engagent à mettre en place
dans les prochains mois un cadre cohérent d'actions et de propositions.
L'heure est venue de construire une véritable coopération entre l'Afrique
et la France basée sur la vérité, la justice, l'égalité, la liberté
et le respect mutuel.
Le règne de la Françafrique et l'impunité de ses dirigeants doivent
prendre fin !
Fait à Bamako, le 1er décembre 2005
Le Sommet Alternatif Citoyen France Afrique