Journal à l'humeur qui fait des vagues, comme l'océan et ses marées...
Comment qu'on parle, donc!
Voici, ci-dessous, un extrait de mon dernier catalogue (toujours disponible
contre l'envoi de 3 Euros, déductibles d'une commande):
"... que la télévision, sensée n’exister que pour l’image, transmet-elle le
mieux, sinon que des mots? Prenez le: “Tout à fait” qu’on entend à tout
bout de champ(chant?) quand quelqu’un vous répond au téléphone ou lorsque
l’on s’adresse à un vendeur de grand magazin... Il est né dans les émissions
de télé publiques, dans les débats et les interwievs, dans les jeux que l’on
a grattés pour gagner le droit de monter sur un podium répondre à des
questions un peu bêtes mais qui nous projettent hors de la norme à laquelle
nous sommes tous assujettis, dès lors que le “oui” ou le “non” ne peuvent
que nous rabaisser au niveau de la platitude ou nous sommes sommés
d’exister... Chaque jour qui passe, nous n’arrêtons pas de vouloir parler
dans le micro!
Cet exemple n’est qu’un cas d’histoire relativement peu signifiant!
Il en est un autre beaucoup plus inquiétant: le “bien évidemment”!
Cet avatar du langage qui n’a, sur le fond, pas la moindre des
significations lorsqu’on le soumet à l’analyse lexicale, possède en lui
toutes les valeurs qu’on reconnait à la France profonde... Il provient du
Tour de France à vélo lorsqu’un spécialiste du radio-reportage à moto fut
embauché par la chaine publique d’audience nationale pour remplacer
quelqu’un de mort à l’ouvrage...
Mais au contraire du précédent, il n’est depuis utilisé que par ceux qui
parlent de derrière le micro! Ceux dont la fonction principale est de
délivrer un message et qui vont du simple journaliste à l’envoyé spécial, du
chroniqueur spécialisé jusqu’au rédacteur en chef en peine de
justifications(la féroce actualité leur en offre souvent l’occasion!) et qui
atteint même les plus hautes sphères du mensonge pré-programmé, lorsqu’il
échappe de la bouche d’un ministre d’état surpris et gêné qu’on
l’interwiouve sur un sujet que ses conseilliers n’avaient pas par avance
préparé!
Vous me direz: ces choses là s’expliquent grâce au futé d’une science de la
dialectique qui échappe à la pensée plutôt terre à terre d’un vulgaire
pépiniériste qui n’entend rien aux choses capitales...
Le Futé, me semble-t-il ici, n’étant pas là où on l’avait par avance
déposé!..."
Pour ceux qui l'ont déjà lu, on va me dire: mais pourquoi revenir là-dessus?
Parce que c'est la rentrée, et qu'à la rentrée on aime se rappeler un peu du
passé (retraverser la passerelle!). Puis, quand on dit rentrée on peut
penser à la célèbre "Rentrée Littéraire", affectation mercantile purement
française qui consiste à faire croire qu'un livre dont tout le monde parle
deviendra un jour une brique indispensable à l'édifice culturel et
historique qui fait notre fortune et notre destin commun.
Oh! que non alors! A l'épreuve du temps, ces "génies" ne vont pas plus
éclairer loin que des bougies de sacristie... Entre temps l'effet de loupe
des grands médias, grassement payés, vous aura fait prendre un ver luisant
pour la navette spatiale au décollage!
Entre nous j'aime beaucoup les vers luisants: le poète, tout comme avec
les fleurs en les regardant, sait comment les transformer en héros de notre
enfance pour les premiers et en belles au bois dormant pour les secondes.
On ferait mieux donc, sur le plan des mots, de s'intéresser de plus près à
ceux que l'on entend tous les jours, dans la rue comme à la radio ou la
télé, de même qu'à ceux qu'on lit dans le journal, dans les revues ou sur
les blogs d'internet... Mais là, ce serait plutôt le drame...
Y'a même plus de langage, c'est un zoo... Un parc d'animaux où, dans chaque
loge(blogs), on n'entend, ne lit, que bruits divers pas articulés: des
glops, des lol, des kl, des fh, des ts, dtr, des gci, des muv, des:...
J'invente un peu, mais sans plus!
Donc, fi de mes diggressions, le "Toutàfait" et le "Bienévidemment", comme
la peste, avancent sans cesse et contaminent de plus en plus la population.
Le particulièrement évident, comme je le notais dans mon "édito" de
catalogue, c'est que le second est surtout prisé par ceux qui prétendent
avoir un message à faire passer! Cela peut aller du vendeur de télé-achat,
au journaliste de la "télé-vendue" (TF1, F2,etc...) jusqu'au politique qui
n'a d'autre argumentation pour appuyer son manque de propositions...
Tant que cet avatar restait confiné au monde sportif, il ne gênait personne,
bien entendu! Un tour de langage ne prenant ici pas plus d' importance,
qu'un tour de pédale dans le Tour de France, qu'un tour de piste sur le
Stade de France ou qu'un tour de bourin sur un terrain de Rugby!
C'est son détournement qui pose problème!
Ou alors c'est que nous sommes tous des bourins a qui on ne peut
autrement parler!
BIEN ÉVIDEMMENT!
Et que répondons-nous en chœur: "TOUT À FAIT"!!!!!!
OLÉ!!!!!