Journal à l'humeur qui fait des vagues, comme l'océan et ses marées...
Y’a comme un goût bizarre dans la framboise!
Au début de l’Eté 2004, dans une chronique de Télématin, j’entendis le
“spécialiste” parlant aux futurs vacanciers, les prévenir du danger qu’il y
aurait à manger des framboises sauvages... Elles pourraient être porteuses
d’une maladie grave et rarissime transmise par l’urine des renards! Bon, à
moins de confondre fraisiers et framboisiers ce qui, vu de Paris, est tout
à fait concevable, je m’imagine mal les renards pisser sur des fruits
perchés plus haut qu’eux! A moins qu’ils n’organisent entre eux des
concours à qui pisserait le plus loin ou le plus haut comme le font les
petits garçons délurés.
Pourtant ce monsieur semblait vouloir vanter ce fameux goût de “sauvage”,
si recherché maintenant que tout ce qu’on vous vend vire au fade, sur le
mode industriel. Il cherchait à faire remarquer que cette subtilité
disparue des rayons des supermarchés, le vacancier risquerait de la
retrouver sur la piste de ses congés payés. Mais pas toujours au détour
d’un sentier de randonnée, quelquefois même sur les petits marchés de
patelin où des producteurs font de la vente directe.
J’avoue alors n’avoir pas très bien compris où il voulait en venir!
Peut-être que lui aussi n’était pas très sûr de la finalité de son
intervention!
Disait-il que certains ramassaient leurs framboises dans les bois? Ou
alors, pour leur donner ce délicat goût de “sauvage”, laissait-il entendre
qu’ils se levaient-ils tous les matins, pisser un bon coup sur leurs
framboisiers?
Je me suis dit alors que l’irrationnel qui envahit de plus en plus notre
société, n’épargnait même pas mes pauvres framboisiers... La collectivité
médiatique pour contrecarrer radicalement et brutalement(ou bêtement) le
sentiment d’impuissance que le consommateur subit en achetant ses fruits,
lui propose à l’opposé, comme fuite en avant libertaire, d’aller chercher
du côté du sauvage. Du “Bon Sauvage”!
Ce printemps cette démonstration m’a encore été faite, en direct même,
dans les colonnes d’un mensuel qui se vante d’avoir des amitiés parmi les
cabanons de jardins!
On y a vu des photos de framboises de type sauvage, c’est à dire de tout
petits fruits à grosses granules hétérogènes, presque solitaires sur leur
branche souffreteuse: le contraire de ce qu’un bon producteur veut et exige
des variétés qu’il cultive!
Pour ces gens-là, le goût serait donc dans l’aspect? Un fruit petit,
difforme, pâle et rare, ce serait ça le summum du parfumé?
Ils appuient leur “gesticulation” grâce aux découvertes variétales faites
par un pépiniériste angevin (un concurrent!) qui apprit très vite comment
passer du chimique au biologique, en un tour de cintre, et qui prétend
aujourd'hui sélectionner des clônes de framboises sauvages...
Et comme on dit en Suisse: “Quand on a dit ça... On a tout dit!”
La tradition horticole, celle dont tout le monde intelligent s’honore,
celle qui sait conserver les meilleures variétés, qu’elles soient anciennes
ou plus modernes, s’est toujours fait remarquer selon le principe dit
d’amélioration des espèces. Vous me direz, aujourd’hui, avec la fraise
espagnole Camarrossa, qui rebondit au sol quand on la lâche, ainsi qu’avec
les OGM, la notion d’amélioration prend un sens qui est loin de satisfaire
les gens de bon sens, justement, et gens de goût en plus!
Pour moi, quand je propose une variété nouvelle, c’est qu’elle apporte
quelque chose de nouveau et de bien à la gamme existante. Mais quelquechose
en plus et non en moins!
Le plus que l’on recherche est bien sûr le parfum, la saveur, la
nouveauté, la différence, la diversité en général. Diversité des formes,
des couleurs, des époques de maturité, etc... Régularité et beauté des
fruits, facilité de cueillette, rendement, résistances diverses, et que
sais-je de plus...
Mais pas un retour en arrière! Pas de ces fruits grenaillés qui s’écrasent
dans la main délicate des cueilleuses et que les producteurs(trices) de
petits fruits craignent plus que tout! Des fruits qu’ils ne peuvent que
laisser sur pied!
L’invention par l’INRA de la multiplication in-vitro des framboisiers a,
pendant longtemps et sans que jamais les responsables de cette
administration ne se remettent en cause(question de gros sous!) fait se
répandre partout en France chez les producteurs, une hantise légitime de
ces plants de framboisiers dits: “grenaillés” qu’ils nous vendaient, en
tant que plants de base et qui polluaient toute notre production. On
pouvait nous faire des procès pour ça, on m’en a fait, alors j’ai coupé
tout lien avec cet arrière-monde là.(cf: Nietzsche)
Depuis je suis revenu à des pratiques saines, biologiquement acceptables,
mais quand je vois ces photos de framboises typées “Sauvages”, je ne peux
m’empêcher de penser à cette dégénérescence dûe à l’in-vitro, que l’expert
nommé lors de mon procès a reconnu être très fréquente dans la nature...
Modernité ici rimant avec rappel au passé sous ses plus mauvais aspects.
J’ajouterai que le sélectionneur de sauvage cité plus haut, est un
retraité de l’INRA!
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Dans mon catalogue amateur j’ai éliminé de nombreuses variétés que
j’estime de piètre qualité mais qui encore, malheureusement, sont demandées
par une partie de la production pour alimenter un marché souvent
d’exportation.
Ce sont toutes des variétés anglaises d’origine telles que: Glen Moy, Glen
Prosen, Glen Lion... etc... Ce qui m’avait laissé dire, en tant que boutade
: “Framboises de goût anglais!”. Toutes roses pâles et fades! Mais, et cela
prouve la justesse de la boutade (car si la moutarde nous monte au nez, la
boutade elle nous monte à l’esprit!), c’était bien du marché anglo-saxon
qu’il s’agissait de satisfaire. Une grosse Coopérative d’Anjou s’en est
fait la spécialité et exige de ses adhérents qu’ils ne cultivent que ces
variétés-là! C’est dire la marge qui nous reste pour faire évoluer les
pratiques!
Le chaland, en passant, trouve le plus souvent sur les marchés les
variétés: “Héritage”, “Meeker”, “Blissy”, très répandues et de temps à
autres des choses comme: “Tulameen”, en progression! Mais ce qu’il risque
encore le plus de trouver, surtout en grande distribution, c’est de la
“Glen Lion”! L’Espagne industrieuse, pollueuse et irrespectueuse des lois
sociales s’est jetée dessus il y a quelques années et elle n’est pas près
de s’arrêter! Malgré la Tulameen et la Meeker, malgré le non au référendum
et malgré le Maroc aussi(qui s’y est mis)!
Caractéristiques propres à la Glen Lion: des fruits difformes, petits et
sans saveur mais semblant presque trait pour trait, à des fruits ramassés
sur le chemin qui monte au plan de l’Aiguille à Chamonix!(C’est un souvenir
personnel et j’ose espérer qu’il y en pousse encore!)
Donc pour clore mon exposé que j’espère lumineux(sic), il n’est pas utile
que j’en rajoute, vous avez tout compris: ce n’est pas dans la forme, ni
même dans l’esprit --- dans cette imagerie consensuelle où puisent les
publicitaires comme les arrivistes --- que le meilleur goût persiste! Ni
même dans le fruit! J’excècre autant que vous l’emploi de l’adjectif
goûteux ! Il reste utile aux mauvais chroniqueurs de télé, ils sont très
nombreux, pour soutenir leur manque d’arguments, mais il est de trop pour
les esthètes du plaisir qui savent bien que quand on parle de goût, c’est
uniquement d’eux dont on parle! Parce que c’est nous seuls qui sommes
goûteux!
Ce texte pourra paraitre dans la Gazette des Jardins:
"agence@gazettedesjardins.com"
ainsi que sur le site d’Éric ROUX, rare et unique spécialiste du bon
manger, consciencieux du vrai(et de l’agréable!):
"http://www.rouxcuisine.over-blog.com/"
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Franchement, chez nos amis québécois, on n'est pas radins sur l'info!
On serait même plus ouvert qu'ici...
Enfin ce pourrait être un bon sujet de polémique.
Reçu ce qui suit sur le site" agriréseau":
COLLOQUE SUR LES EFFETS SANTÉ DE LA CANNEBERGE
18 et 19 août 2005
Hôtel Loews Le Concorde Québec
Mot de bienvenue :
L’Association des producteurs de canneberges du Québec et l’Institut des
nutraceutiques et des aliments fonctionnels de l’Université Laval invitent
tous les producteurs et les transformateurs d’Amérique du Nord à participer
au Colloque sur les effets santé de la canneberge qui se tiendra à l’Hôtel
Loews Le Concorde, au coeur de la ville de Québec.
Les recherches le confirment les unes après les autres ! Les propriétés
propres à la canneberge sont bénéfiques à la santé. En effet, ces derniers
temps, la liste des caractéristiques uniques de la canneberge n’a fait que
s’allonger. On sait maintenant que la canneberge contient une substance
ayant des propriétés anti-bactériennes, la proanthocyanidine, capable
d’empêcher l’adhésion des bactéries sur les tissus hôtes. Non fixées,
celles-ci sont incapables de coloniser et ne peuvent donc pas causer
d’infections. Cette activité anti-bactérienne serait particulièrement
efficace dans la prévention des infections urinaires et de la carie
dentaire. Présentement, le National Institute of Health américain, soucieux
de la santé de ses citoyens, dédie d’importantes sommes d’argent à la
recherche en vue de confirmer ces propriétés anti-bactériennes.
D’autres études cliniques ont récemment démontré que les flavonoïdes et
acides phénoliques présents dans la canneberge peuvent jouer un rôle
important dans la prévention de l’artériosclérose et des maladies
cardiovasculaires. Le caractère antioxydant de ces composés tend à
neutraliser les radicaux libres dommageables aux vaisseaux sanguins. À
travers un autre mécanisme encore méconnu, la canneberge contribuerait
également à la santé cardiovasculaire, en élevant le bon cholestérol (HDL)
des hommes présentant un léger embonpoint et ayant un haut taux de mauvais
cholestérol (LDL). Plusieurs autres projets de recherche en cours au travers
le monde et portant sur les antioxydants de la canneberge, tendent à
démontrer son potentiel dans la prévention de certains cancers. Surtout
utilisée dans les préparations de cocktail de jus de fruit par le passé, la
canneberge se consomme aujourd'hui sous toutes sortes de formes, notamment
en sauce et en fruits séchés.
L’objectif de cet événement est de réunir ensemble producteurs,
transformateurs, professionnels de la santé tels médecins et diététiciennes,
et autres, pour favoriser les échanges sur la production et les propriétés
nutraceutiques de la canneberge. Le programme réparti sur deux jours inclut
une journée consacrée à des visites de fermes de la région de Québec, puis
une journée de conférences qui sera clôturée par un banquet animé.
Bienvenue à tous et à toutes !
Marie Bieler, présidente du Colloque
Association des producteurs de canneberges "apcq@cetaq.qc.ca"
Yves Desjardins, co-président
Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels