Avons nous cette chance première de pouvoir voir de près ?
Avons nous cette seconde de pouvoir discerner dans le
lointain ?
Et pour finir avons-nous la faculté primordiale d'associer les deux ?
Pour la majorité des gens il est permis d'en douter, tant tous les jours qui passent et s'entassent, je vois et j'entends refleurir les mêmes âneries.
La photo du haut reflète toute la beauté du monde, celle qu'on devine et que l'on espère mettre un jour au premier plan . Ainsi de la volonté de certains aujourd'hui de revenir à des pratiques
saines dans l'agriculture, quasi divines comme au paradis perdu; l'agricole retrouvant sa noblesse originelle, celle des premiers hommes préférant semer les graines récoltées plutôt que
d'attendre les hasards de la cueillette et du vent.
Le début de toute civilisation: la mémoire des choses et du temps...
La seconde photo traduit mon inquiétude du moment: quand on se pense assez près pour bien voir, rien n'est vraiment net et précis: un certain flou
demeure ...
Ci-dessous des petits chatons pas banalement argentés (comme on le croit dans les salons): des rouges, des jaunes, des ocres, des bruns... et des morts...





Vous admirerez l'interdiction de ramasser des champignons n'ayant d'autre but que de faire fuir le péquin et de marquer la propriété d'une "grande maison" qui, après la tempête se fit
subventionner pour planter des pins en place des vieux chênes abattus au pied desquels poussaient alors de vrais cèpes...
Des cons dites-vous ? Meuh,non...
Mais reprenons le fil de notre réflexion:
Depuis tout petit je sais faire l'écolo !
Depuis mon enfance j'ai su comment enlever la bouse des vaches d'entre leur pattes sales, avec une fourche et une brouette en bois, et appris comment confectionner un tas de fumier bien carré.
Comment vider la fosse à purin aussi... avec un seau!
Depuis mon tout jeune âge je sais comment manier une bêche pour sarcler les fraisiers, les carottes, les haricots verts, les petits pois, les betteraves et les choux fourragers.
J'ai fait TOUT ce qu'il est possible de faire dans une ferme: faucher l'herbe, bonne ou mauvaise, avec une faux (l'aiguiser aussi, la "forger"), conduire le cheval, labourer, moissonner à
l'ancienne, tailler les arbres et la vigne, vendanger et faire du vin... TOUT...
Même d'économiser l'eau !
A l'époque on allait au puits la chercher, alors les toilettes étaient frustres et pas journalières !
(Depuis je prends plusieurs bains par semaine...ha,ha,ha...)
Mais voilà, je n'ai jamais été récompensé ni reconnu pour cela, aucune médaille ni aucun diplôme ne m'en gratifient...
Aujourd'hui quand j'envoie aux futurs exploitants, souvent citadins épris de campagne et de petits zoziaux, mon catalogue PRO, on me demande ma "certification BIO", exigée pour qu'ils puissent
m'acheter des plants par les organismes autoproclamés.
Bien sûr de bon esprits viendront nous dire que cela est indispensable pour la sérénité du consommateur, que c'est des paysans comme moi qui ont pourri la planète,etc... Et bien sûr qu'ils auront
raison... Le client a toujours raison!
Mais ce n'est pas une raison suffisante pour que j'aie à devoir encore montrer patte blanche à des gens, des inspecteurs, qui viendraient chez moi fouiller partout, avec cet air suspicieux qui
aurait le don de me foutre les boules !
J'en peux plus de cette société du spectacle où il faut impérativement montrer, faire bonne figure, jouer une mauvaise comédie sans talent et sans âme. Société du spectacle, société
inquisitionnelle, société culpabilisatrice, société de la manipulation...
A ce sujet, le spectacle, certains ont reçu dernièrement un appel à soutenir une célèbre ferme "bio", à laquelle on viendrait injustement réclamer des sommes incroyables qui
mettraient en péril son sacerdoce!
Je n'ai pas répondu à ce sonnage de clochettes pétitionnel et bien pensant! En effet croquer de la subvention européenne, et de la grosse, pour ma part j'ai jamais fait , dommage pour moi sûrement
! J'ai que fait mauvais paysan ! Encore et toujours...
Je n'ai vécu et ne vis que de mon travail (et de celui de mon employée), j'ai jamais traficoté pour me gaver de centaines de milliers d'euros, j'ai survécu juste à la limite de mes moyens, j'ai des
dettes et peine encore à les rembourser et pour cela continue de faire ce que je sais faire: des plants de framboisiers, de groseilliers, de cassissiers, de myrtilliers et de rhubarbes tous
élevés sans traitements chimiques dangereux pour la santé des gens, tous nourris d'engrais organiques issus de déchets végétaux et animaux bien connus et n'éprouve pas le besoin de cotiser pour une
estampille qui n'a de valeur que pour les ignorants dont notre société du paraître fait son miel .
Je n'aime pas me moquer du monde ! Le pourrais-je d'ailleurs ?
Tite fleur jaune!