Journal à l'humeur qui fait des vagues, comme l'océan et ses marées...
Il me semble qu'aujourd'hui nos oreilles, notre esprit, aspirent au silence!
Nous sommes devenus comme les travailleurs des espaces verts, obligés de
porter un casque anti-bruit!
Cela fait longtemps que les singes hurleurs ont quitté la forêt profonde et
se sont répandus dans la cité, dans la campagne aussi.
Cela fait trop longtemps que justement nos oreilles n'en peuvent de leurs
cris et s'épuisent à délivrer un message plutôt inexistant à notre esprit
resté demandeur privilégié.
Partout, dans tous les arts, dans tous les médias, dans tous les systèmes
organisés autour de la parole, seuls les plus bruyants se font entendre,
afin d'en tirer célébrité avant tout.
L'homme sincère n'a plus de repères...
Il existe pourtant une mine immense et bien mal explorée: celle des gens qui
parlent à voix douce, à voix basse, parce que le plus souvent ils se sont
parlés à eux-mêmes et que chacun sait qu'au sein de nous, en notre cœur et
en notre âme, il n'est nul besoin de crier pour être écouté!
C'est uniquement de ces gens-là que l'on a encore à d'espérer apprendre et
decouvrir: les aventures intérieures sont difficiles à transcrire dans un
téléfilm, par contre elles sont incroyablement plus riches et marquent plus
profondément les esprits!
Elles sont l'essence pure de toutes les vraies littératures, de tous les
arts essentiels!
Pour en revenir à la métaphore simiesque, préférons les lémuriens aux singes
hurleurs!