Journal à l'humeur qui fait des vagues, comme l'océan et ses marées...
Encore un bémol apporté à notre "beau monde enchanté"!
A vous décourager d'acheter du café et du riz en toute bonne conscience de
militant pour la bonne cause!
Il paraitrait d'ailleurs, selon des sources bien informées, que ce serait
plutôt les bobos qui seraient la clientèle privilégiée du commerce étiqueté
équitable!
Ce qui ma foi, expliquerait cela: ils sont si faciles à duper!
__________________________
Christian Jacquiau : « Un îlot d'équitable dans un océan d'inéquitable »
"20 Minutes " ( Edition du 19.05.06 )
Christian Jacquiau, ancien expert-comptable, s'était déjà attaqué à la
grande distribution. Dans son dernier ouvrage, publié cette semaine, il
a choisi d'enquêter sur "Les Coulisses du commerce équitable", aux
Editions Mille et une Nuits.
AB: Vous venez de publier un livre sur le commerce équitable, pourquoi vous
êtes-vous intéressé à ce sujet ?
"Dans un précédent ouvrage, sur la grande distribution, je me suis penché
sur les dysfonctionnements du commerce mondial : les importations à bas
prix, les fournisseurs mal payés, etc. Avec le commerce équitable, je
pensais avoir trouvé une alternative séduisante."
AB: Qu'est-ce qui rend le commerce « équitable » ?
" Cela veut dire que le prix d'un produit permet à ses producteurs d'en
vivre. Mais il n'existe aucune définition officielle. D'où un débat
entre ceux qui ont une approche plutôt caritative, « aider les pauvres
du Sud », et ceux qui veulent remettre en cause les règles du commerce
traditionnel, en réintroduisant les préocccupations sociales au Nord
comme au Sud."
AB: Que peut-on acheter dans ce secteur ?
" En théorie, tout. Dans les faits, cela concerne d'abord le café, et
quelques denrées agricoles comme le cacao, le thé, des fruits, et plus
récemment le coton. Ce sont des produits qui viennent du Sud et qui sont
surtout consommés au Nord. A l'origine, les ventes concernaient
l'artisanat, mais elles sont restées marginales.
AB: Que reprochez-vous à Max Havelaar ?
" Grâce à une communication massive, cette association créée par des
missionnaires hollandais à la fin des années 1980 se fait passer pour
l'inventeur du commerce équitable, ce qui est faux, et pour un label, ce
qui est également faux. Max Havelaar est une marque commerciale privée
qu'on retrouve partout, à tel point que le grand public a fini par
l'identifier à l'équitable."
AB: Ce sont là des questions de forme, non ?
" Pas du tout, car derrière ces mensonges, on découvre des dérives. Max
Havelaar a adopté une définition a minima du commerce équitable pour
redorer le blason de la grande distribution et de multinationales comme
McDonald's ou Accor, tous connus pour leurs piètres pratiques sociales.
L'exemple de Dagris est éloquent. Son coton équitable africain,
estampillé Max Havelaar, a servi de monnaie d'échange à des
privatisations d'entreprises cotonnières et ouvre la porte aux OGM."
AB: Peut-être, mais cela profite à de petits producteurs des pays du Sud...
" C'est parfois le cas, mais pas toujours. Il n'existe pas d'organisme de
contrôle indépendant de Max Havelaar. Ce dernier impose des frais aux
producteurs, qui paient pour le label, et pour être dans une
coopérative. Par contre, il n'offre aucune garantie sur les volumes
vendus. Ce système ne permet pas d'échapper à la pauvreté, et il n'est
pas toujours plus intéressant. Au Mexique, on a vu des paysans renoncer
à l'équitable."
AB: Que répond Max Havelaar à vos critiques ?
" Pour eux, le commerce équitable s'arrête aux portes de l'exploitation
agricole ou de l'usine. Ils mettent aussi en avant leurs réalisations,
comme des écoles ou des dispensaires. Ils se satisfont de construire un
îlot d'équitable dans un océan d'inéquitable."
AB: Mais le 100 % équitable existe-t-il ?
" Oui, et c'est à lui que les marchands de bonne conscience font le plus
de tort. Ainsi, la société Andine vend du café torréfié en Colombie pour
que ce pays bénéficie aussi des recettes de la transformation. Dans le
textile, Azimut vend des vêtements en assurant l'équité de toute la
filière. Ils jouent la transparence en indiquant leurs coûts, leurs prix
et leurs marges. D'autres, comme la marque de café Malongo, s'y refusent."
Propos recueillis par Angeline Benoit.
http://www.20minutes.fr/articles/2006/05/19/argument_Christian_Jacquiau_Un_
ilot_d_equitable_dans_un_ocean_d _inequitable.php
_____________________________________________________________
Ouais bin, pendant tout ça ma pizza congelée commence à brûler...
Non, je déconne...