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OGM : Extrait de la lettre de Que Choisir
"Une note des autorités françaises, destinée à la Commission européenne,
demande de ne pas rendre publiques les études de risques sanitaires des OGM.
Une tentative d'opacité inquiétante.
Alors que l'on vient d'apprendre que la superficie de maïs transgénique
cultivée en France était de 1 000 hectares, alors que les services du
ministère de l'Agriculture avancent le chiffre de 500 hectares, les OGM sont
à nouveau sur la sellette.
Cette fois, la polémique concerne non plus les superficies cultivées mais
les études de toxicologie liées aux OGM. Dans une note des autorités
françaises transmise à la Commission européenne, Paris tente de restreindre
la publication de ces études. Explications.
Dans un avis du 8 avril 2005, la CADA (Commission d'accès aux documents
administratifs) a atténué la portée de l'article 25 de la directive
2001/18/CE relative à la confidentialité des données. Cet article prévoit
initialement que les informations « dont la divulgation pourrait nuire à la
position concurrentielle » de l'entreprise déposant un dossier de culture à
l'air libre ou de commercialisation d'un OGM doivent rester confidentielles.
Or, la CADA a estimé que « seules les informations relatives au procédé
d'obtention de l'OGM ou à sa commercialisation » sont concernées. Par
conséquent, « les études de toxicité établies dans le cadre de l'évaluation
des risques sanitaires doivent être communiquées, après avoir occulté, le
cas échéant, les mentions dont la divulgation pourrait nuire aux intérêts
susvisés [ceux des entreprises]. » Ces études de toxicité, faites
généralement à partir d'expérimentations sur des rats, ont pour but
d'évaluer les risques des OGM sur la santé humaine. Au nom de la « position
concurrentielle » des entreprises et du secret industriel, les autorités
françaises tentent donc un lobbying forcené afin d'empêcher l'accessibilité
au public de données pourtant essentielles. La note, qui n'est pas signée et
qui a été communiquée à la presse par l'ancienne ministre de l'Environnement
Corinne Lepage, ose même justifier cette tentative de mise sous silence par
un argument pour le moins ahurissant : « De telles communications [...] sont
susceptibles d'entacher la confiance de l'opinion publique dans le processus
de gestion du risque. » En résumé, si le grand public n'est pas au courant
des risques encourus, il ne devrait pas se plaindre ou se méfier des
cultures OGM qui, rappelons-le, n'ont pas apporté les gages de sécurité
indispensables.
Pour l'instant, la position française n'a pas été adoptée par la Commission
européenne.