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  • : Le Journal de Vinosse
  • Le Journal de Vinosse
  • : Journal à l'humeur qui fait des vagues, comme l'océan et ses marées...
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Octobre 1972 (écrit en)

Un soir       plus

tard que la guerre

Vinosse jouait

du

pipeau

 

 

 

Cette nuit-là

pendant que       eux            dormait l'immensité perdue de

l'illusion          société bâtarde et       française

Vinosse jouait

du

pipeau

 

 

 

Vers minuit

ils        je n'entendais plus que le clapotis du        ton

sourire sur la pente élaborée de mon bonheur        maritime

pour ces étoiles

J'aurais recquis alors une peine plus douce encore

 

Et tiens       nous n'aurons plus        de peine

tiens c'est ma resplentitude que je gouache à ton nez

tiens ce seront        mille       les entendements de notre joie

 

 

Recherche

Ils ont écrit:

"Si j'étais un inconditionnel de la liberté évoquée plus haut, j'aurais sans aucun doute préféré l'océan à l'issue qui se découvrait à moi dans le regard trouble que je portais sur ces hommes ..."

  FRANZ KAFKA...     Compte rendu pour une académie.

 

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Les penseurs selon lesquels tous les astres se meuvent de façon cyclique, ne sont pas les plus Profonds ...

Qui regarde au dedans de soi-même comme à l’intérieur d’un immense univers, qui porte en soi des Voies Lactées, sait combien sont irrégulières toutes les voies lactées ...

Elles conduisent jusqu’au fond du Chaos et du labyrinthe de l’Existence ...

 

Frédéric NIETSZCHE...  Le Gai Savoir.


______________________________________________________

 

 

Il me semble que la notion même de compréhension est en train de se transformer très profondément. Autrefois, comprendre impliquait la notion d’une transparence entre celui qui cherchait à comprendre et sa lecture, tandis que maintenant on demande plutôt à des œuvres très difficiles (et dont, par une sorte de perversion de l’intelligence, on semble souhaiter qu’elles soient très difficiles) d’agir à la manière d’un charme magique sur la conscience du lecteur. Et donc, disons que c’est une forme de mysticisme qui est en train de réapparaître dans notre société et dont je me sens moi-même très loin, et pour lequel j’éprouve une sorte de répugnance.

 

CLAUDE   LÉVY - STRAUSS.

 

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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 10:21

 

 

Lettre ouverte aux agriculteurs progressistes qui s' apprêtent à semer du

maïs transgénique, par Jean-Pierre Berlan.

 

 

 

Les semences conventionnelles de "variétés hybrides" de maïs coûtent environ

150 euros/ha. Les semences transgéniques coûtent sans doute plus cher à

moins que, comme Innovateur chargé d'ouvrir la voie au Progrès, vous ne

bénéficiiez de conditions spéciales qui, de toute façon, ne dureront pas.

Bref, le coût des semences à l'hectare représente l'équivalent de 15 à 18

voire même dans certains cas, 20 quintaux de production. Vous semez environ

15 kilogramme à l'hectare. Un quintal de semences "hybrides" de maïs coûte

plus de 1.000 euros, alors que le quintal de maïs grain tourne autour de 9

euros.

 

Un quintal de semences de maïs "hybride" vaut donc 100 fois plus cher qu'un

quintal de maïs grain. Si vous pouviez semer le grain récolté, vous

économiseriez environ 150 euros par hectare. Ce serait autant de bénéfice en

plus pour vous. Sur une centaine d'hectares, cela représente 15 000 euros.

Je ne crois pas qu'il y ait de désaccord sur ces chiffres.

 

Évidemment, ce n'est pas de gaîté de coeur que vous dépensez une somme aussi

considérable - sans doute votre premier poste de dépenses. Vous renouvelez

chaque année vos semences auprès de "semenciers" tels que Monsanto, DuPont

(Pionner), Syngenta ou Bayer - tous fabricants d'agrotoxiques - et de «

coopératives » comme Limagrain, Euralis et autres. Ces « coopératives »

pratiquent en France les mêmes prix exorbitants que leurs concurrents

agrotoxiques. En Amérique du Nord, elles pratiquent - comme leurs

concurrents - des prix trois fois moins cher, pour les mêmes « variétés » !

Sans doute pour mieux servir vos intérêts dans la concurrence

internationale.

 

Bref, vous renouvelez vos semences chaque année parce que vous n'avez pas le

choix. C'est, vous a expliqué le Généticien, à cause de la pingrerie de la

Nature : il existe chez le maïs un phénomène, « l‚hétérosis », toujours

inexpliqué et peut-être même inexplicable, dont les mystères inaccessibles

au commun des mortels et donc à vous même, ne peuvent être scrutés que par

ce Docte. Améliorer le maïs, vous a-t-on affirmé, exige de mettre en oeuvre

ce phénomène mystérieux qui, hélas, vous interdit de semer le grain récolté.

 

Vous avez donc cru cette fable que pour améliorer un organisme vivant, il

faut l'empêcher de se reproduire dans votre champ ! Je vous rassure : tout

le monde le croit. J'y ai cru moi-même pendant longtemps. Pour croire, il

suffit de renoncer à comprendre par soi-même. Des décennies de propagande

scientifique ont imposé cette superstition. Pourtant, les paysans américains

de la fin des années 1930 avaient fait preuve de lucidité en surnommant

"maïs-mule" ces "variétés hybrides" révolutionnaires, qu'ils ne pouvaient

ressemer à la différence des variétés cultivées jusque-là. Mais leurs

enfants agriculteurs, passés par les écoles d'agriculture, férus de progrès,

éclairés par les lumières de la Génétique, comme sans doute vous-même, ont

rejeté comme obscurantiste le bon sens biologique de leurs parents paysans.

 

 

Pourtant ! Qui peut-être assez crédule, à part le Généticien et autres

scientifiques, enfermés dans leur carcan disciplinaire et coupés de la vie

pour croire cette énormité qu'améliorer un être vivant exigerait, en quelque

sorte, de le stériliser ? Et Terminator ne révèle-t-il pas avec éclat que

cette stérilité est l'objectif de tout sélectionneur/semencier ? Pour créer

une nouvelle source de profit, ne faut-il pas séparer ce que la Vie confond,

la production réservée à l'agriculteur et la reproduction confiée au

semencier agrotoxique ?

 

Je fais l'hypothèse qu'un agriculteur moderne comme vous cherche à maximiser

ses propres bénéfices. Par contre, si ce sont ceux des marchands de

semences, d'agrotoxiques ou des coopératives que vous voulez maximiser à vos

dépens, ce qui suit ne vous concerne pas.

 

Trois méthodes peuvent vous permettre de faire vos semences et d'améliorer

vos marges.

 

Une remarque préalable : vous pouvez accepter une baisse de rendement d'au

moins quinze quintaux/ha si vous faites vos propres semences. Ces quinze

quintaux supplémentaires que vous devez produire pour payer les semences

"hybrides" vous coûtent en réalité plus cher en irrigation, en engrais, en

agrotoxiques que ce qu'ils vous rapportent. Ils contribuent aussi au mauvais

état de santé de vos sols. Mais peu d''agriculteurs se rendent compte du

coût de ces quintaux supplémentaires qu'il est économiquement profitable de

ne pas les produire.

 

La première consiste à faire des "hybrides doubles" - ce que les semenciers

faisaient il y a une vingtaine d'années. Vous prenez des "hybrides" de même

précocité et de firmes différentes. Vous semez dans un champ de "l'hybride

A" des rangées des "hybrides" B, C, D. Vous castrez les rangées B, C, D et

vous les récoltez séparément. Elles fourniront la semence de l'année

suivante. Vous pouvez ainsi déterminer la meilleure combinaison (AxB, AxC,

AxD, etc.) pour votre exploitation.

 

Une deuxième solution est de semer en mélange plusieurs "hybrides" de même

précocité et de firmes différentes pour faire une variété dite synthétique.

Ensuite, pour faire vos semences, vous sélectionnez chaque année dans la

descendance de cette variété des épis moyens, sains, denses, sur des plantes

indemnes de maladies et bien enracinées. Cette solution a l'avantage de ne

pas demander de castration. La baisse de rendement sera sans doute

supérieure à celle consistant à faire des "hybrides doubles". Mais encore

une fois, même si vous perdez 15 quintaux/ha, vous êtes gagnant.

 

La troisième est tout simplement de trouver des variétés de maïs

traditionnelles que vous pourrez ressemer sans craindre de chute de

rendement pour peu que vous fassiez un peu de sélection. Il semble qu'il en

existe qui ont un rendement excellent mais je ne sais pas si ces variétés

sont adaptées à votre région et votre exploitation. Plusieurs groupes de

paysans travaillent déjà en France à sélectionner de telles variétés.

 

Ces essais peuvent ou plutôt devraient être faits avec vos voisins de façon

à partager vos expériences. Ce renforcement des liens de voisinage, de

coopération, de partage entre agriculteurs est bien nécessaire au moment où

la mondialisation menace d'ensevelir ce qui reste du monde rural et où les

relations humaines dans les campagnes se dégradent. Savez-vous que Monsanto

invite les agriculteurs d'Amérique du Nord à dénoncer, anonymement bien

entendu, leurs voisins "pirates" - ceux qu'ils soupçonnent de cultiver des

"variétés" transgéniques sans payer la redevance ?

 

Ne comptez évidemment pas sur les conseillers agricoles ni sur vos

coopératives pour vous aider. Ils sont là pour vous vendre des semences et

des agrotoxiques, pas pour vous permettre de préserver votre avenir.

 

 

Un dernier point : vous avez pu observer que j'ai mis: hybride‚ et: variété

hybride‚ entre guillemets. Le terme: variété‚ dit bien ce qu'il veut dire :

selon le dictionnaire, "le caractère de ce qui est varié ", contraire de

l'uniformité la diversité!. Or ce que vous cultivez sous le nom de "variété

hybride" de maïs est constitué de plantes qui sont toutes les mêmes du point

de vue génétique. C'est donc précisément le contraire d'une variété ( !) et

le terme qu'il faudrait utiliser est celui de clone. Vous cultivez donc des

clones.

 

Ces clones sont-ils "hybrides" ? L'adjectif "hybride" qualifie-t-il sans

ambiguïté la plante de maïs que vous semez ? Non, cette plante est tout ce

qu'il y a de plus ordinaire. Le sélectionneur a simplement extrait des

variétés cultivées par les paysans des plantes de maïs, dont il a fait des

copies (des clones) lorsqu'il tombait par hasard sur une plante supérieure à

la moyenne des plantes de la variété. Elle n'est donc ni plus ni moins

"hybride" que n'importe quelle plante de maïs d'une variété.

 

Le terme "variété hybride" est donc une double tromperie. Il faudrait parler

de "clone captif" ou "propriétaire" puisque, comme vous le savez, ces

derniers appartiennent au sélectionneur et ne peuvent se reproduire dans le

champ du paysan. C'est l'intérêt des "semenciers" d'entretenir la confusion

en parlant de "variétés hybrides". Avec la "vigueur hybride", "l'hétérosis"

et autres falbalas soi-disant scientifiques, ils détournent votre attention

de la réalité de ces clones captifs dont ils vous vendent les semences cent

fois plus cher que ce qu'elles coûteraient si vous pouviez, comme vos

parents, semer le grain récolté.

 

Et surtout, ne croyez pas une seule seconde que les "hybrides accroissent le

rendement" et donc vos bénéfices, comme on vous le répète. Non, les clones

captifs accroissent les profits des semenciers à vos dépens. C‚est le

travail de sélection qui permet d'accroître le rendement. On pouvait

améliorer le maïs en continuant à sélectionner des variétés, mais cela

n'intéresse pas les semenciers puisque l'agriculteur aurait pu en ressemer

le grain.

 

 

En réalité, que se passe-t-il ? Si vous faites de la consanguinité chez les

mammifères (des organismes à fécondation croisée, qui ont donc un papa et

une maman différents), vous savez qu'il se produit une dépression

consanguine. Un éleveur qui ferait de la consanguinité dans son troupeau

devrait rapidement le mettre à la casse. Eh bien ! Le maïs est comme un

mammifère. C'est une plante à fécondation croisée (une plante de maïs a, en

général, un papa et une maman différents) et la consanguinité se traduit par

une baisse de la vigueur de la plante. Ceci avait été observé et décrit par

Darwin dès 1868.

 

Qu'a fait le sélectionneur au nom de cette théorie fumeuse de l'hétérosis

inventée de toute pièce par le Généticien ? Les variétés paysannes cultivées

par vos parents étaient constituées de plantes différentes. Ils pouvaient en

ressemer le grain sans craindre la consanguinité. Ce que le sélectionneur

doit à tout prix empêcher. Il a donc extrait au hasard des clones des

variétés paysannes de maïs cultivées par vos parents. Comment ?

 

Il fait d'abord au hasard 6 générations d'autofécondation pour obtenir des «

lignées pures ». Croisées deux à deux, ces lignées pures donnent des plantes

de maïs ordinaires dont la caractéristique n'est pas d'être «  hybride »,

mais de pouvoir être copiées (clonées) à volonté puisqu'on en connaît les

parents « lignées pures ». Le sélectionneur teste ces clones pour

sélectionner le meilleur et remplacer ces variétés. Il vous en vend les

semences. Vous semez ces clones dans vos champs. On vous serine les bobards

du Généticien sur l'hétérosis. Vous les croyez. Et pour faire bonne mesure,

on vous fait admirer l'uniformité de ces clones dans vos champs si «

propres » grâce à l'atrazine et autres poisons. C'est beau, ces plantes

uniformes, comme militarisées, poussant dans un désert ! Finie, la diversité

de la Nature !

 

Et vous avez été aveuglé au point de ne pas voir la réalité sous vos yeux :

au moment de la fécondation, les plantes du clone se fécondent bien les unes

les autres, mais comme elles sont génétiquement identiques ou presque, c'est

comme si vous faisiez une autofécondation. Vos clones merveilleux

d'uniformité sont des machines à autoféconder le maïs, donc à le détruire.

Vous ne pouvez plus semer le grain récolté.

 

En résumé, le Généticien, le semencier et ses techniciens détournent votre

attention à coups de "vigueur hybride" et autres « hétérosis » pendant

qu'ils mettent en oeuvre dans votre champ, à votre insu et sous vos yeux

admiratifs, une autofécondation, c'est-à-dire la forme la plus violente de

consanguinité (chez les mammifères, vous ne pouvez pas faire mieux (ou pire)

que des croisements père-fille, mère-fils ou frère-soeur). Vous détruisez

votre maïs dans votre champ. Et en prime, vous admirez la destruction dont

vous êtes victime !

 

La sélection de variétés de maïs (le « maïs population ») permettrait

pourtant d'aussi bons résultats agronomiques sans vous obliger à racheter

votre semence chaque année. Quant à la sésamie ou à la pyrale, les bonnes

pratiques agricoles (rotations, lutte biologique...) en viennent à bout sans

aller chercher des semences de clones transgéniques encore plus chères.

 

Qu'au nom de ce même Progrès, les fabricants d'agrotoxiques, les «

coopératives », l'État, la FNSEA, l'Inra vous poussent dans cette même voie

ruineuse avec le maïs et les autres plantes transgéniques ne devrait pas

vous étonner. Ces chimères génétiques - les soi disant Ogm - ont cette

remarquable caractéristique d'être brevetées, ce qui met légalement fin à la

pratique fondatrice de l'agriculture: semer le grain récolté.

 

Il est vrai que les êtres vivants commettent un crime intolérable, celui de

se reproduire et de se multiplier gratuitement dans le champ du paysan. Un

crime que notre société punit par la mort. Ce que font Terminator, le

brevet, les "hybrides", les Gurts et autres dispositifs de même type.

 

Plutôt que le héros du Progrès que vous croyez être, si vous en étiez le

dindon ?

 

Avec mes salutations cordiales,

 

Jean-Pierre Berlan, Directeur de Recherche Inra.

jpe.berlan@wanadoo.fr...

 

 

 

 

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